L’actu pro

04 07 2019

Vers un réseau des lieux de résidences d’écritures en Nouvelle-Aquitaine

Par Nicolas Rinaldi


Vers un réseau des lieux de résidences d’écritures en Nouvelle-Aquitaine

Photo : ALCA Nouvelle-Aquitaine

À la suite d’une première rencontre également initiée par ALCA en mars 2019, une dizaine de porteurs de résidences d’écritures se sont réunis le 20 juin au Centre Intermondes de La Rochelle en vue de constituer un réseau des lieux de résidences d’écritures en Nouvelle-Aquitaine.

 
« Il s’agit pour nous de trouver une assise de configuration régionale des différents lieux de résidences, comme celui-ci, ouvert à l’international », rappelle d’entrée Guy Martinière, président du Centre Intermondes. Cette mise en réseau a pour intérêt d’abord de donner une plus grande visibilité aux résidences et à leurs porteurs, en tant qu’acteurs d’une chaîne, bien que « des ponts existent avec des éditeurs et libraires, par exemple, qui identifient déjà ces lieux de création et de transmission », note Pili Muñoz, en charge de la Maison des auteurs de la Cité de la bande dessinée d’Angoulême.
 
La structuration d’un collectif permettrait plus largement de collectiviser l’information entre lieux de résidences d’écritures, d’assurer « un accompagnement plus fin, notamment à destination des talents émergents », appuie Nadine Chausse, coordinatrice de la Maison des auteurs des Francophonies, à Limoges. Ainsi les porteurs de résidences disposeraient des moyens pour construire des parcours de résidences d’un auteur sur le territoire néo-aquitain, pour aiguiller un candidat à une résidence vers un lieu adapté à ses attentes et à son profil.

 

Une charte, un manifeste, un réseau, une fédération ?

 
Accueillant une part importante de créateurs étrangers, les porteurs de résidences d’écritures néo-aquitaines envisagent un partenariat pour faciliter les demandes de VISA, pour entrevoir des résidences croisées avec des régions étrangères voire établir un appel à candidatures commun pour une longue résidence d’un an sur le territoire régional. Et, surtout, échanger sur des démarches où l’expérience de certains bénéficie à tous.
 
Une charte, un manifeste, un réseau, une fédération ? Si aucun outil ou forme juridique n’est encore déterminé, ce collectif doit pouvoir « rester un espace – pas forcément physique – d’échanges mais non contraint », soutient Aurore Claverie, directrice artistique de la Métive, à Moutier-d ‘Ahun, dans la Creuse.
 
 

Qu’est-ce qu’une résidence ?

Quelle que soit la forme de ce collectif, la structuration ne peut se faire sans « définition commune sur ce que sont les résidences », précise Patrick Volpilhac, directeur général d’ALCA - agence qui coordonne également les résidences du Chalet Mauriac et de la Prévôté -, en vue notamment de « définir un cadre de règlement d’intervention pour la Région Nouvelle-Aquitaine ».
 
S’il existe une typologie de résidences - entre celles dédiées uniquement à la transmission, d’autres à la création, des hybrides, certaines n’offrant pas d’hébergement voire de bourse à la création – les porteurs de résidences néo-aquitaines préfèrent « s’affranchir » de cette typologie classique, ce qu’explique Pili Muñoz : « Nos territoires, notamment à Angoulême, comptent de nombreux créateurs dont les besoins différenciés nécessitent un accompagnement sur mesure. »

 

« Prendre en compte tous les temps de résidence : la recherche, la création et la transmission. »

 
Définir une résidence nécessite également de prendre en compte tous les « temps de résidence : la recherche, la création et la transmission », rappelle Édouard Morneau, directeur du Centre Intermondes. Sans oublier d’ouvrir cette définition à tous les champs créatifs : livre, cinéma, théâtre, danse, art contemporain, musique, etc.
 
Les porteurs de projets reprendront tous ces travaux de structuration d’un réseau néo-aquitain en décembre lors d’une prochaine journée de travail à la Villa Bloch de Poitiers, sans doute inspirés par la troisième journée d’étude nationale sur les résidences d’auteurs qui aura lieu le 26 septembre à la MÉCA, à Bordeaux.