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08 04 2014

Un Regard 9 aux couleurs italiennes…

Propos recueillis par Sarah Vuillermoz


Un Regard 9 aux couleurs italiennes…

Pour cette nouvelle édition 2014, le festival de bandes dessinées et d’illustrations Regard 9 se penche vers l’Italie à travers les fabuleux traits de l’auteur Alfred. Au programme du 19 mai au 1er juin, vous découvrirez dans Bordeaux de nombreuses expositions, performances et rencontres créatives. Éric Audebert, enthousiaste directeur artistique des festivités de l’Association 9-33, répond à quelques questions.

Sarah Vuillermoz – « Regard9 : la bande dessinée autrement », une signature qui annonce l’idée d’une approche singulière. Quelles sont donc les particularités de cette manifestation sur Bordeaux ?

Éric Audebert – Nous sommes un festival de création en bande dessinée. Pendant deux semaines, nous proposons aux auteurs et artistes invités de mêler leurs différentes pratiques artistiques et de créer ensemble des moments uniques.
Alfred, l’auteur que nous invitons cette année, a carte blanche pour concevoir une exposition de création. Les dessins présentés n’ont jamais été vus auparavant. Ils seront dans la continuité de son travail éditorial et notamment à Come Prima paru aux éditions Delcourt, qui vient de recevoir le Fauve d’Or (prix du meilleur album) au dernier festival d’Angoulême. Alfred s’est aussi beaucoup investi dans les invitations faites aux auteurs et artistes présents.
Notre volonté est de toucher un public qui ne vient pas dans les salons de dédicaces et/ou qui regarde la bande dessinée avec curiosité, mais qui n’ose pas s’en approcher.
Beaucoup de performances réalisées à Regard 9 seront des premières. Les artistes de divers horizons croiseront le fer de la création avec des auteurs de bande dessinée et le public assistera à des moments uniques, avec plaisir… je le souhaite.

S.V. – Bien avant qu’il ait reçu le prix du meilleur album pour Come Prima, chez Delcourt, tu avais proposé cette année de mettre Alfred à l’honneur. Un auteur choisi parmi les 120 dans la région.

E.A. – La raison ? Lors de l’organisation du précédent Regard9 avec David Prudhomme, je passais régulièrement voir Alfred à l’Atelier Flambant Neuf, et j’ai pu suivre une partie du processus créatif de Come Prima. Alfred me parlait de son travail, de ses doutes, notamment lorsqu’il était en Italie.
Je vois ce festival comme un espace de liberté et c’est en discutant avec lui et de son livre que je me suis vraiment rendu compte que c’était lui qu’il fallait inviter. Alfred arrivait à la fin de son projet et de son Donjon chez Delcourt.
Lors de l’inauguration de Regard9 en 2013, il participé à la réalisation d’une fresque avec David Prudhomme, Laureline Mattiussi, Adrien Demont, Christian Cailleaux, François Ayroles, Jean-Denis Pendanx et Troub’s. Il était très enthousiaste et c’est à ce moment-là que je lui ai proposé d’être l’invité d’honneur de la prochaine édition. Il a accueilli cette proposition avec beaucoup d’envie.

S.V. – Alfred parle de cette carte blanche que tu lui proposes comme une extension de Come Prima. Comment avez-vous organisé son rapport à l’Italie pour l’évènement ?

E.A. – Ce festival se veut être une porte ouverte qui dépasserait le cadre de la contrainte éditoriale, avec une exposition de création de l’auteur invité. À chaque fois, je travaille avec l’auteur sur un univers qu’il souhaite développer. Avec David Prudhomme, c’était autour des sumotoris, avec une résidence au Japon où nous l’avons amené à suivre un tournoi à Fukuoka. Alfred voulait traiter de l’Italie contemporaine, en continuité avec son album. Nous lui avons donc organisé une résidence pour qu’il puisse aller en Italie afin de dessiner et travailler.
Dans son livre, il y a beaucoup de lui, même si cela reste un récit de fiction. En revanche, l’exposition tournera autour de ses Italies. Trois villes italiennes qui ont un sens pour lui : Venise, la ville de la paternité avec sa fille, Naples, l’endroit qui l’a bouleversé par son bouillonnement et Gênes avec Cinque Terre, la terre de ses aïeux dans laquelle il a vécu quand il était enfant. Trois villes donc et trois résonances très particulières que nous retrouverons à l’espace Saint Rémi. Mais je n’en dévoilerai pas plus, nous souhaitons surprendre le public...

S.V. – Quelles seront les autres extensions, les auteurs invités ?

E.A. – Nous avions entrepris ce projet avec David et nous le développons encore cette année avec Alfred, à travers des auteurs qu’il souhaite inviter pour  réaliser des performances. Je pense notamment à l’auteur italien Manuele Fior : comme je venais de lire L’entrevue chez Futuropolis, j’imaginais quelque chose autour de l’architecture, qui est très présente dans son œuvre. J’ai appris par la suite, qu’il avait une formation d’architecte. Il nous a proposé de venir pour un concert dessiné avec Eddy Vaccaro et Stefano Ricci. Nous sommes très heureux de les accueillir.  On découvrira aussi une performance avec Jean Philippe Peyraud et Marc Villard, ainsi que des expositions dans plusieurs librairies de la ville. Comme nous n’organisons pas de dédicaces, nous souhaitons travailler autrement avec les libraires indépendantes. On retrouvera donc l’exposition « L’Altro Alfred » à la librairie Mollat, une exposition des couvertures des éditions de l’Arbre Vengeur à la librairie La Mauvaise Réputation et les auteurs des ateliers du Pr Demons exposés à la librairie BD Fugue Café. Il y aura aussi à la Bibliothèque de Mériadeck, l’exposition Aquitaine/Bologne, en partenariat avec l’Écla.

S.V. – Dans l’organisation d’un tel évènement, qu’est-ce qui te plaît le plus ?

E.A. – Ce qui me plaît le plus, c’est de toucher tous les publics et de constater dans leurs regards de la contemplation et/ou de l’émerveillement et surtout qu’ils ressortent avec l’envie d’aller plus loin dans la bande dessinée.

S.V. – Quel est ton meilleur souvenir lors des précédentes éditions ?

E.A. – La première performance certainement, car c’était une première pour nous tous : pour moi à l’organisation de cette manifestation, pour David Prudhomme qui se lançait dans son premier concert dessiné autour du Rébétiko et pour les musiciens Rébètes qui n’avaient jamais encore joué en public.
Il faisait très froid, en février 2010 dans l’espace Saint Rémi… Nous avions peur de ne voir arriver personne, et au final, 300 spectateurs sont venus. Nous gardons tous des liens très forts depuis cette première.
Je garde aussi bien sûr de très bons souvenirs de tous les autres évènements que nous avons organisés.
J’espère qu’Alfred, les auteurs invités et le public prendront beaucoup de plaisir aussi sur la programmation de cette nouvelle édition.


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    Illustration réalisée par Alfred