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13 07 2016

Sylvie Deshors : un moment de vie

Sylvie Deshors : un moment de vie

Sylvie Deshors a investi le champ de la littérature jeunesse où, depuis maintenant une quinzaine d’années, elle donne à lire pour tous les âges des romans sensibles et parfois noirs.
C’est à l’occasion de sa résidence au Chalet Mauriac, en partenariat avec le Salon du Polar de Saint-Symphorien Du Sang sur la Page, qu’elle nous parle de son chemin d’écriture.

Quelle est votre expérience des résidences d’écriture ?
 
Sylvie Deshors – Je commence à avoir une certaine habitude du dispositif, que j’aime bien expérimenter. Dans un cadre assez proche du Chalet Mauriac – plusieurs auteurs sous le même toit, des temps de vie commune, de discussions –, j’ai par exemple eu la chance de partir écrire un mois à la Villa Yourcenar, dans les Monts de Flandre.
J’apprécie de bouger, d’être ailleurs, de changer d’environnement pour écrire. C’est toujours l’occasion de faire des rencontres, d’ouvrir les yeux sur d’autres paysages, d’autres modes de vie. C’est un très bon moyen d’élargir son champ de création. Les deux projets sur lesquels je réfléchis en ce moment – je porte toujours plusieurs textes en même temps – sont liés aux landes et à la forêt. La figure du lieu est un élément central dans mes livres. Je n’ai pas forcément besoin d’écrire dans un cadre proche de mes romans en gestation, mais c’est un plus, c’est une opportunité pour réveiller des sensations afin de mieux les coucher sur le papier. Et puis, de façon plus générale, il est important pour moi de retrouver de temps en temps un cadre sauvage, qui correspond assez bien à mon caractère.
Par contre le roman que je vais terminer ici, est le troisième tome d’une série policière destinée aux lecteurs des collèges, qui sera publiée sur le premier trimestre 2017.
 
Quel sens accordez-vous aux rencontres avec le public, notamment scolaire, comme vous pouvez en mener ici dans le cadre du salon du polar ?
 
S.D. – En tant qu’auteur, j’ai très vite animé des rencontres ainsi que des ateliers d’écriture auprès de publics très différents et de tous âges, (en classes mais aussi en prison…) puisque mes différents romans peuvent être lus par de très jeunes lecteurs jusqu’aux jeunes adultes.
Ces rencontres, dès lors qu’elles sont préparées par les enseignants et accompagnées de lectures par les élèves sont souvent très intéressantes. L’extérieur qui pénètre dans l’école – un écrivain, mais aussi un musicien, ou un scientifique ou un artisan – peut être un moyen d’allumer une étincelle, de donner une ouverture aux élèves.
Personnellement, j’explique aux jeunes comment le spectre de tous les personnages à inventer, impose de réfléchir, selon leurs âges, à des caractères, des psychologies, mais aussi et surtout à des langues qui leur soient propres. Et j’aime qu’un débat s’engage entre nous.
Dans les romans, de genres différents, que j’écris, on peut trouver une ligne commune : les personnages mis en scène n’ont pas peur de faire des choix, de vivre, ils sont le plus souvent en mouvement..
 
Polar, roman policier, littérature jeunesse... Comment tous ces qualitatifs très flous s’expriment-ils dans votre travail ?
 
S.D. – Ranger l’écriture dans des cases est difficile et souvent réducteur. Pour les romans publiés dans la collection DoAdo noir (Rouergue), je m’inscris dans l’univers du roman noir, au sens où mes romans abordent des faits de la société contemporaine, le vivre ensemble, dans un cadre urbain.
Depuis le début, je travaille avec plusieurs éditeurs, ce qui me laisse une plus grande liberté d’écriture.
Quel que soit le roman, pour jeunes ou pour adultes, d’aventure ou d’amitié ou policier, le cœur de la matière est le même. Ce sont avant tout des personnages, qui portent une intrigue, ressentent des émotions, se confrontent au monde et donnent envie de les suivre. 
Au delà, c’est la musique de l’écriture - je relis tous mes textes à voix haute avant de les envoyer à l’éditeur – qui permet de tout aborder…
 

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