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17 07 2014

Sol Hess & Adrien Demont en immersion au Chalet Mauriac

Par Catherine Lefort


Sol Hess & Adrien Demont en immersion au Chalet Mauriac

© Catherine Lefort

Sol Hess est un artiste aux multiples talents : cinéaste (courts-métrages, fictions, vidéos…), musicien (groupe de rock n’roll Sol Hess & The Sympatik’s, Doctor Culotte et Sweat An Ape !), scénariste de BD (La Lionne, T1 et T2, avec Laureline Mattiussi et Isabelle Merlet).
Adrien Dumont, auteur et illustrateur de BD diplômé du Master de bande dessinée à l’école des beaux-arts d’Angoulême, a publié deux albums : Tournesols et Ballades (Scutella Éditions). Il publie début 2015 un roman graphique chez 6 Pieds sous terre. Avec le musicien Tak, il donne des concerts dessinés.
Au Chalet Mauriac, les deux artistes s’immergent dans un projet de BD, album et numérique… lors d'une résidence au long court, morcelée en plusieurs phases d'avril à août 2014.

Sol Hess :
« Le point de départ est de concevoir un projet de bande dessinée qui donnera lieu à un album et aussi à une réalisation numérique, dont on ne sait pas pour le moment quelle sera la diffusion.
À ce jour, nous avons élaboré l’univers – plutôt destiné au livre – : la première version du scénario est pratiquement complète. De son côté, Adrien commence à travailler le dessin.
La version numérique va surtout changer un déroulement, le découpage.
Je suis en train de réfléchir à des épisodes en parallèle à l’univers du livre, de petits scénarios  où des éléments sont communs aux deux formats : personnages, décors… mais où les faits peuvent changer et du coup créent une autre histoire qui devient une alternative au livre. Mais la concrétisation de cette narration dépendra de la diffusion, et donc de l’éditeur numérique. »
 
Adrien Demont :
« Mon travail à moi consiste à interpréter graphiquement ce que Sol a écrit. Le texte de Sol est d’un seul tenant, il n’est pas « séquencé » pour la bande dessinée. Je m’empare de l’univers dans lequel me fait entrer son texte et le mets en scène, « en vision ». Je prends le temps de me balader, de me plonger dans son récit.
Il s’agit d’une réalité fantasmée avec une grande diversité de sensations, d’atmosphères. Donc je ne pratique pas un découpage de bande dessinée traditionnel. J’essaie d’avoir une ligne un peu musicale, les décors créent les cases qui ondulent comme le son d’une petite musique.
C’est ce que j’imagine dans le texte de Sol. »
 
Sol Hess :
« Le sujet est vraiment une balade, un roadmovie, un récit qui se déroule pendant une nuit interminable, avec un côté fantasmagorique et mystique : une uchronie avec pour personnage principal Elvis adolescent, qui n’était pas encore la star que l’on connaît. C’est une « suggestion » de ce personnage à cet âge-là.
Lorsque que l’on a parlé de travailler ensemble, Adrien et moi, nous ressentions un plaisir dans la représentation du personnage d’Elvis, nous nous projetions dans les chansons de ses débuts. Nous avions vraiment envie de raconter quelque chose autour de ça.
C’est une figure tellement omniprésente dans la culture occidentale qu’il nous paraissait inconcevable de le figer dans son image de star. »
 
Adrien :
« Oui, parce qu’avant d’être une icône, il a été un personnage fragile…
Nous discutons beaucoup entre nous, nous faisons des allers-retours, ce que nous permet plus facilement la résidence car nous sommes complètement immergés dans notre projet.
Je peux parfois amener certains décors plus près de mon univers. Mais comme nous avons de nombreuses références communes, nous avançons de manière très intuitive. Les choses sont encore très mouvantes, c’est ce qui est très intéressant.  Nous sommes dans cette sorte d’errance dans l’environnement que l’on a bâti ensemble.
Et ce temps suspendu de la résidence se retrouve dans l’ambiance du projet… »

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