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20 07 2015

Chercher le film

Propos recueillis par Olivier Desmettre


Chercher le film

Photo : Catherine Lefort / Écla

En résidence au Chalet Mauriac du 16 au 27 mars, puis du 15 au 30 juillet 2015, Maya Haffar travaille à la réécriture du scénario de son premier long-métrage.

« Je me suis d’abord dirigée vers la production comme un moyen d’entrer dans le milieu, de rencontrer des professionnels, d’observer comment les films se faisaient. Pas loin de dix années passées à différents postes de la production qui ont été très formatrices. En tant que lectrice de scénarios aussi. Ces expériences m'ont confortée dans mon désir d'écrire et réaliser mes propres films.
Je réalise un court-métrage bientôt, théoriquement en septembre 2015. Une envie de prendre mes marques. Je ressens vraiment le besoin de me tester sur un plateau, en particulier pour la direction d’acteurs.
J’ai parfois eu des difficultés à écrire court, alors que l’écriture du long a été plus fluide… même si je n’ai qu’une toute petite expérience de scénariste ! Parce qu’on a la place, le temps de faire évoluer les personnages. Le court demande une façon d’écrire différente, plus contraignante selon moi.
 
J’ai terminé début 2014 la première version du scénario après une année d’atelier à la Fémis1, une formation professionnelle pour de jeunes auteurs. Des sessions de deux-trois jours par mois, au cours desquelles sont discutés les textes. Ce que l’on écrit est chaque fois soumis à des regards extérieurs, une manière de faire avancer plus rapidement son travail.
Ensuite, j'ai laissé mon scénario reposer pendant plusieurs mois. J'avais besoin de prendre du recul. Quand j’ai pu m’y remettre j’ai senti la nécessité d’en parler à nouveau, avec un conseil, non pas sur le contenu, qui était déjà bien posé, mais sur la forme. Je sentais que le film n’était pas encore tout à fait là.
Je travaille donc avec un consultant qui m'aide à réécrire en étant davantage sur la réflexion autour du rythme, sur la manière de briser la linéarité, d’être plus libre dans ma manière de raconter, me débarrasser de ce qui est artificiel, superflu. Faire plus confiance à mes personnages, à mon histoire, m’autoriser à secouer ce qui me semble encore trop figé.
 
J’ai aussi participé récemment à l’atelier Grand Nord, qui rassemblait au Canada des scénaristes de pays francophones. Une semaine d’échanges autour de nos projets. Moment rare de pouvoir confronter son texte à des regards étrangers, de cultures différentes. C’était une expérience passionnante, même si parfois un peu déstabilisante... Aujourd’hui je ressens le besoin de me recentrer sur mes intentions, tout en me nourrissant des idées qui ont surgi de ces échanges.
Ici, c’est la première fois que je retourne à l’intérieur de la structure, et je me sens mûre pour faire exploser certaines choses, ce que je n’aurais pas été capable de faire il y a six mois, étant encore trop proche de la première version.
Comme j’ai obtenu une aide à l’écriture de la région Aquitaine, j’ai appris que je pouvais postuler à cette résidence. C’est-à-dire quitter mon petit appartement parisien, ma rue bruyante, pour venir dans un chalet, au calme, en pleine forêt. J’attendais cela depuis plusieurs semaines, et je ne suis pas déçue. Le lieu et l’ambiance sont propices à la concentration. Il y a bien sûr d’autres résidents, mais qui sont là pour la même raison, se concentrer sur leur travail. Il y a aussi des moments conviviaux mais peu de tentations de passer des heures à discuter au milieu de la journée ! ».
 
1. École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, Paris.

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