Entretiens > Au Chalet Mauriac 2016

24 06 2016

Marcus Malte : hors catégorie

Propos recueillis par Romuald Giulivo


Marcus Malte : hors catégorie

Marcus Malte par Marcus Malte

Marcus Malte est né à La Seyne-sur-Mer, et il y est resté. Devant la mer. Selon ses dires, il a fait des études de cinéma, mais ça n’a pas trop marché. Il a fait un peu le musicien, mais ça n’a pas trop marché. Aujourd’hui, il dit : « essayer d’écrire des histoires », mais derrière cette modestie, se cache un écrivain diablement talentueux.
C’est alors à l’occasion de sa résidence au chalet Mauriac, en partenariat avec le Salon Du Sang sur la Page, que nous avons essayé pour notre part de lui arracher quelques mots supplémentaires sur son travail.

Romuald Giulivo – Quelle est ton attente d’une résidence d’écriture ?
 
Marcus Malte – C’est la troisième fois que je tente l’expérience – après une résidence assez longue l’année dernière en Normandie et une autre dans les Landes en 2014 – et à chaque fois l’attente est la même : je viens chercher du temps. C’est évidemment ce qui manque le plus, des moments de calme pour écrire sans contraintes extérieures. Je ne suis pas spécialement attaché au cadre dans lequel je travaille, je peux écrire à peu près n’importe où, je pense, à condition de profiter de tranquillité. Je suis ainsi curieux de voir comment cela va s’organiser au Chalet. C’est la première fois que je fais une résidence avec plusieurs auteurs présents dans un même lieu.
 
R.G. – Ta résidence est associée au salon polar de Saint-Symphorien, où tu vas notamment rencontrer des publics scolaires. Est-ce un exercice que tu apprécies ?
 
M.M. – Oui, c’est plutôt intéressant de rencontrer des lecteurs qui ont en général lu et travaillé en classes sur tes textes, les échanges peuvent être assez pointus. J’essaie cependant d’être attentif à ne pas faire trop de rencontres à l’année, car ça peut devenir chronophage et fastidieux. Après, pour être franc, faire des rencontres scolaires, c’est aussi parfois une nécessité financière. Il y a ainsi énormément d’auteurs, en particulier d’auteurs jeunesse, qui vivent avant tout des rencontres, des ateliers, et je fais partie de ces gens-là. J’aurais hélas pour l’instant beaucoup de mal à vivre uniquement de mes droits d’auteur.
 
R.G. – Alors que tu as commencé par des romans adultes assez noirs, tu écris aujourd’hui dans beaucoup de champs différents, notamment en jeunesse : comment est-ce venu ?
 
M.M. – Assez simplement en vérité. Tout m’intéresse dans l’écriture. Alors je cherche, j’essaie, j’explore. La jeunesse, c’est le hasard d’une rencontre avec un éditeur qui m’a demandé un texte pour grands adolescents. J’ai trouvé l’idée intéressante, justement parce que je ne l’avais alors jamais fait et que je suis très curieux. Je me suis plus tard attaqué à des romans pour les plus jeunes ou des albums, parce que cela m’oblige chaque fois à inventer d’autres façons de raconter. Je n’aime pas la routine, je ne veux pas me répéter. Je n’ai rien contre les auteurs qui le font, mais je ne me vois pas produire toujours les mêmes histoires, avec le même style, la même tonalité. Écrire pour des âges différents et dans des styles variés me permet d’explorer de nombreuses voies. Après, il y a beaucoup de gens qui lisent ce que je fais en littérature adulte et qui ne savent pas que j’écris pour la jeunesse – ou inversement.
Mais bon, je me fous complètement de la question du genre. J’ai été catégorisé un moment comme auteur de polar, tout simplement parce que mes premiers livres étaient du polar. Et puis assez vite, heureusement, j’ai produit d’autres choses qui m’ont permis de ne pas être condamné à une étiquette. J’écris dans mon coin ce que j’ai envie d’écrire et puis, à la fin, en fonction du résultat, de sa couleur, sa voix, je propose le projet à l’éditeur qui le plus adapté parmi ceux avec qui j’ai l’habitude de travailler. Je ne vois vraiment pas d’autres façons de faire.
 

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