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03 07 2014

Lorsque le festival de Cannes donne des ailes…

Propos recueillis par Lise Gallitre


Fondée en 2011 par Julie Paratian, la société Sister Productions, basée à Paris et à Bordeaux, produit documentaires et fictions, à l'image du film Le Challat de Tunis réalisé par Kaouther Ben Hania, sélectionné par l'ACID lors du dernier festival de Cannes. L'Acid, c'est l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion, qui depuis 22 ans soutient la diffusion en salles de films indépendants et œuvre à la rencontre de ces films, de leurs auteurs avec le public. Une belle aventure pour Le Challat de Tunis donc, aventure dont nous a parlé Julie Paratian, sa productrice.

LeChallatdeTunis-okLise Gallitre – Vous êtes productrice du film Le Challat de Tunis de Kaouther Ben Hania sélectionné en mai dernier au festival de Cannes, pouvez-vous nous en dire plus sur ce film ?
Julie Paratian – Le point final de ce film a été mis en 2014 mais tout a commencé il y a sept ans. Beaucoup de choses se sont passées depuis le début de l'aventure, beaucoup d'éléments ont évolué avant cette version définitive du Challat de Tunis qui a été présentée à Cannes. Il a d'abord été question de faire un documentaire, mais le projet s’est transformé en une fiction : l'histoire d'un homme sur une moto qui, dans la Tunisie d'il y a une dizaine d'années, rode dans les rues de Tunis, une lame de rasoir à la main en vue de balafrer les plus belles fesses des femmes se promenant dans la ville. Un fait-divers  survenu en Tunisie il y a vingt ans. Ce film, coproduit par la France et la Tunisie, est une satire sociale qui parle avec malice l'hésitation permanente entre monde d'hier et modernité qui régit l'actuelle société tunisienne, évoquant alors la question de l'émancipation des femmes et celle du recul vers les mœurs traditionnelles.
 
L.G. – Comment s'est passée cette aventure cannoise avec la sélection du film par l'Acid ?
J.P. – C'était une très belle aventure et ce n'est pas fini ! Tout s'est très bien passé, Le Challat de Tunis faisait partie des 9 films sélectionnés par l'Acid, il a été projeté en ouverture et nous avons reçu un très bon accueil. C'est une excellente opportunité d'être connue par le biais de cette sélection. L'Acid, c'est la possibilité et la chance, pour des films indépendants, d'être mis en lumière, de retenir l'attention de programmateurs et de distributeurs français et internationaux. Cette sélection à Cannes est un tournant et change nécessairement la carrière du film.
 
L.G. – On peut alors parler d'un « après-Cannes » pour un film comme Le Challat de Tunis ?
J.P. – Bien sûr, il y a un après-Cannes, un après bénéfique même ! Ce genre d'exposition et de sélection dans une section dédiée au cinéma indépendant comme l'Acid change tout : on devient visible, identifié. C’est plein d'espoir pour l'avenir et la réception du film dont la sortie en salles est prévue début 2015. Depuis mai dernier, cette sélection a permis de faire circuler le film, facilitant alors sa promotion ou en tout cas sa programmation et son accompagnement. On se réjouit aussi que le film soit, d'ores et déjà, sélectionné jusqu'en 2015 dans de nombreux festivals internationaux de grand prestige en France comme ça a été le cas à Cannes mais aussi en Jordanie ou à Alger.

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