En vue 2017

27 11 2017

Le « Journal du brise-lames »… ou vingt mille lieues sous la mer de Sète

Par Nathalie André


Le « Journal du brise-lames »… ou vingt mille lieues sous la mer de Sète

Photo : Élisabeth Roger / Écla

Dans le cadre du 18ème festival Ritournelles, qui s’est tenu du 8 au 11 novembre dernier à Bordeaux, Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet se sont livrés à une performance, présentant une première version de leur jeu-vidéo littéraire Journal du brise-lames, créé en partie au Chalet Mauriac.

 
C’est d’abord un bruit. Un bruit d’eau sous la mer… ou plutôt un bruit qui sortirait du ventre de la terre. Et puis, zoom aérien au-dessus des rues de Sète…  On se rapproche du sol et les volumes se déforment, s’écartèlent…
 
Et puis vient une voix… La voix claire et posée de l’écrivain Juliette Mézenc. Rassurante.
 

« On dirait que le brise-lames n’est pas une personne ni même un
 personnage mais on dirait qu’il a une voix […] » *

 
Elle lit son Journal du brise-lames, celui de Sète, où elle vit, avec Stéphane Gantelet, son comparse sculpteur et développeur. Ils créent ensemble un jeu vidéo littéraire autour de ce texte et de ce brise-lames, une digue en béton qui protège la rade de Sète. Une fiction devenue un jeu… qui s’est structurée en partie pendant le temps de leur résidence numérique au Chalet Mauriac, en octobre 2015.
 

« On dirait que le brise-lames a une peau […]. On dirait qu’il a des yeux qui veillent, balayent la nuit. […] On dirait que dans sa peau circule de l’eau. On dirait que la
mer, il l’a dans la peau. » *

 
On grimpe parfois - on descend autant - des paysages sur lesquels une figure récurrente, une boule violette, circule et se modèle par transparence ou volume, change de forme, de lieux, de temps…  Au fil de ces déambulations que choisit Stéphane derrière son ordinateur - tant que le jeu n’est pas en ligne -, on est immergé, arrimé à la voix de Juliette qui nous transporte le long des barres de lecture. Ces dernières actionnent un nouveau texte, un niveau de jeu, un univers.
 

« On dirait qu’il veille, posté entre les eaux du port et les eaux de
la mer, entre la ville et la plaine marine. On dirait que vous me suivrez les yeux ouverts. » *

 
On contemple, on se laisse porter, on est hors du monde, hors du temps et, tel Gepetto dans le ventre de la baleine, on ne souhaite plus en sortir.
 
 
Découvrez le teaser :
 

*Extraits du Journal du brise-lames, Juliette Mézenc et Stéphane Gantelet.

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