L’actu pro

22 01 2019

Le FIPADOC pour "découvrir des émotions multiples"

Propos recueillis par Pierre Laurent Lemur


Le FIPADOC pour

Photo : Agence photo-mobile

Nommée déléguée générale du FIPADOC (anciennement FIPA) au printemps 2018, Christine Camdessus inaugure la nouvelle version de ce festival international soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, du 22 au 27 janvier à Biarritz.

 
 
Pour son édition 2019, le FIPA change de nom pour devenir FIPADOC. Ce changement de direction et de nom  implique-t-il une nouvelle formule du festival ?
 
On peut parler de nouvelle formule dans le sens où le FIPADOC se consacre uniquement au documentaire. L’ancienne version du festival, le FIPA, existait depuis plus de 30 ans maintenant et couvrait l’ensemble des programmes audiovisuels destinés à la télévision. L’époque a changé et on trouvait cela plus intéressant et pertinent de se spécialiser par genre que par format. À l’image du festival d’Annecy sur l’animation ou celui de Lille sur les séries, on a pris la décision de se spécialiser dans le documentaire  (court, moyen, long, expériences numériques) et, ce, quelque soit l’écran sur lequel il peut être vu.

 

>> Sélections et rencontres professionnelles au FIPADOC 2019 <<

 
 
Cette édition inaugurale met l'Allemagne à l'honneur. Pourquoi ce choix et quels vont être les grands axes de cette thématique tout au long de la semaine ?
 
Le choix de l’Allemagne s’est fait pour plusieurs raisons. Il s’inscrit dans notre volonté de complémentarité avec le Sunny Side of the Doc qui est un grand marché international du documentaire se déroulant à La Rochelle en juin. On s’était donc mis d’accord pour avoir le même pays invité dans une logique de cohérence. L’Allemagne est aussi et surtout un des grands pays du documentaire en Europe et 2019 est l’année des élections européennes, mais aussi celle des 30 ans de la chute du mur de Berlin.
 
Cela va se traduire par une sélection de films allemands présentés dans le cadre du festival et aussi lors des journées professionnelles, avec une après-midi consacrée à la production franco-allemande avec la chaîne Arte et le Centre National du Cinéma (CNC), qui permettent évidemment beaucoup d’échanges entre les deux pays.

 

"La sélection Impact met en avant une dizaine de films dont nous pensons qu’ils peuvent avoir un impact sur les gens..."

 
 
Quels autres éléments de la programmation vont selon vous être des temps forts, et confirmer la singularité de ce festival de référence au niveau européen ? 
 
Tout d’abord, on est très heureux de la qualité et du nombre de films inscrits [115 au total, ndlr] et qui vont permettre une belle compétition. On a également créé une nouvelle catégorie, la sélection Impact qui va être un point fort de ce festival. Elle met en avant une dizaine de films dont nous pensons qu’ils peuvent avoir un impact sur les gens, pour le vivre ensemble sur une planète dont on s’occupe mieux et dans le respect des droits de la personne. Ce thème trouvera d’ailleurs un écho dans les journées professionnelles où il sera question du rôle de l’impact producer, métier qui consiste à créer de nouvelles stratégies de diffusion qui permettent aux films d’avoir plusieurs vies.
 
 
La ville de Biarritz accueille le festival depuis 1997. Connu pour être un événement international, quelle est sa dimension locale ?
 
Il y a bien évidemment une volonté de mettre en avant la région et les acteurs culturels locaux au sein du FIPADOC. Dans le cadre de la thématique sur l’Allemagne, nous accueillons notamment le directeur du festival du documentaire de Cassel, une ville allemande se situant dans la région Hesse jumelée avec celle de Nouvelle-Aquitaine. Des réalisateurs et producteurs locaux vont être amenés à présenter leurs projets et les chaînes locales vont également être des relais importants du festival puisque des studios seront mis à leur disposition pour faire des interviews avec les réalisateurs.
 
 
Depuis plusieurs années, un espace dédié aux expériences numériques, le Smart FIPADOC est également une des attractions du festival. L'émergence de nouvelles technologies audiovisuelles, est-ce une chance pour le film documentaire ?
 
Bien sûr ! C’est une chance à chaque fois que le documentaire aborde de nouvelles formes et qu’une rencontre a lieu avec le public. C’est déjà le cas dans les musées où ces nouveaux concepts attirent une audience différente. Tout ce qui permet de rapprocher le spectateur de l’expérience documentaire est une bonne nouvelle. Les avancées technologiques permettent de découvrir de nouvelles formes narratives et une immersion plus complète. Les festivaliers pourront découvrir cette année une sélection d’expériences numériques avec des casques de réalité virtuelle, des web-docs, ou encore de la réalité augmentée. L’idée est d’en faire une compétition à part entière dès l’année prochaine.
 
 

"Dans un monde où l’image est devenue un langage, il est indispensable que les jeunes soient confrontés au documentaire."

 
 
Le FIPADOC met également en avant la jeunesse avec un Prix du jury des jeunes Européens. Comment se passe la sensibilisation au documentaire de ce public particulier et comment l’impliquer dans cette expérience ?
 
Dans un monde où l’image est devenue un langage, il est indispensable que les jeunes soient confrontés au documentaire, dans un cadre festif bien sûr, mais surtout avec une présentation d’oeuvres particulièrement variée. C’est un travail extrêmement important au niveau local et européen. Avec le soutien d’Erasmus +, on a créé Le Campus FIPADOC. On  s’associe à de nombreux collèges et les lycées, on leur recommande des films en mettant à leur disposition des fiches pédagogiques. En dehors de la semaine que dure le festival, on prolonge l’accès aux documentaires avec un dispositif “hors les murs” tout au long de l’année avec des acteurs culturels locaux, les médiathèques, bibliothèques,etc... L’idée est de faire comprendre aux jeunes comment les films se font et que le documentaire n’a pas pour seul but l’apprentissage, mais aussi de découvrir des émotions multiples.