Films

05 11 2015

Lamb de Yared Zeleke

Par Julie Arrue


Lamb de Yared Zeleke

En salles depuis le 30 septembre,  Lamb est un film simple mais profond, tant par son discours tourné vers l'humain que par ses plans somptueux. Entretien avec Yared Zeleke sur les origines de ce projet dans lequel le réalisateur a melé fiction et bribes de vie.



Julie Arrue – Vous êtes d’origine éthiopienne mais voilà 20 ans que vous vivez aux Etats-Unis. Aller tourner votre premier long-métrage en Ethiopie relevait d’un besoin de retour aux sources ?
Yared Zeleke J’ai commencé à travailler sur le film il y a 5 ans, mais ça fait peut-être plus de 20 ans que je porte en moi le désir de ce projet, depuis le moment où j’ai quitté l’Ethiopie. J’ai grandi dans une période tourmentée, tant du point de vue politique qu’économique. Et je n’ai pas grandi dans un environnement particulièrement privilégié non plus, puisque je viens de la classe moyenne ouvrière. Pour autant mon enfance a été très heureuse. J’ai des souvenirs d’un pays très coloré, de gens remplis d’amour et d’histoires incroyables. J’ai été élevé par ma grand-mère qui elle-même avait grandi bercée par les histoires et les contes traditionnels. Quand je suis parti, j’ai laissé derrière moi le royaume magique de mon enfance et tout cet amour. En 24 heures, j’ai été coupé de tous ceux que j’aimais, de tout ce que j’avais connu jusque là. C’est l’histoire de beaucoup d’enfants d’émigrés qui sont déracinés brutalement, arrachés de leur maison ou de leurs parents. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans la banlieue de Washington DC aux USA.
 
J.A. L’histoire de ce garçon de 10 ans est donc un peu votre histoire.
Y.Z. L’histoire de Lamb est en partie autobiographique oui. Le tournage a vraiment été thérapeutique. Mais la phase de production l’a peut-être été encore plus. J’ai dû passer beaucoup de temps en Ethiopie pour faire les repérages et pour trouver les techniciens. Cette phase a été extraordinaire pour moi. Elle m’a permis de renouer avec cet endroit qui fait partie intégrante de moi et que j’avais laissée il y a si longtemps. Quand j’ai commencé à écrire cette histoire, je la voyais un peu comme un film rêvé que je ferai quand je serai grand, quand je serai prêt, quand je pourrai être un vrai réalisateur.
 
J.A. Qu’est ce qui a déclenché l’écriture ?
Y.Z. Quand ma grand-mère est morte il y a 5 ans, j’ai décidé de commencer à écrire sur mon enfance et mon lien avec elle. Ecrire mon histoire, écrire sur ce formidable personnage qui m’avait raconté tant de merveilleux contes était devenu ma manière de faire le deuil. C’était la première version de Lamb. Et puis j’ai rencontré Ama Ampadu par hasard à New York à une projection. Ama vient du Ghana en Afrique de l’Ouest, et elle aussi a dû quitter son pays brutalement quand elle avait 10 ans. Ces coïncidences, notre vision similaire du cinéma et la curiosité que nous nourrissions l’un pour l’autre m’ont amené à lui donner une copie du scénario. Ama a cru en moi plus que moi. Elle a surtout cru dans l’histoire. Et puis très vite, elle m’a trainé partout. Elle m’a emmené à Cannes, elle essayait de me faire rencontrer du monde. C’était excitant mais c’était aussi une période très dure. Personne ne croyait dans l’histoire, personne ne nous prenait au sérieux, nous n’étions pas connus ! Jusqu’à ce que le scénario bénéficie de l’aide au Cinéma du Monde du CNC il y a 2 ans. Ce prix nous a ouvert toutes les portes. À partir de ce moment, les gens nous ont pris au sérieux, enfin ! Grâce à cette histoire dont j’avais accouché dans l’intimité de mon minuscule appartement new-yorkais, et à la persévérance d’Ama aussi bien sûr.
 
J.A. La douceur contemplative du film, ses messages symboliques riches et son humour font davantage penser à un récit initiatique qu’à un « drame »…
Y.Z. Je suis ouvert à toute interprétation. Par souci de simplification, on peut dire effectivement que Lamb est un drame. Pour moi, le film est ce que j’appelle un « conte réaliste ». Mais c’est aussi une histoire infusée d’humour. Et c’est quelque chose que j’aime retrouver dans tous les films que je regarde, quel que soit leur continent d’origine. L’Ethiopie est une culture empreinte d’amour et de drôlerie. Les éthiopiens ont un grand sens de l’humour. Et puis c’est le propre de la vie humaine ! Quels que soient les problèmes que nous rencontrons, nous devons continuer à vivre, à rire et à aimer.
 
J.A. Lamb n’est pas un film « politique », pourtant vos allusions politiques et vos prises de position sur la situation en Ethiopie sont assez fortes.
Y.Z. Bien sûr, c’est un film très politique. Et c’est cette tension politique latente qui déracine les gens de leur pays, qui les arrache de ceux qu’ils aiment. C’est précisément cette lourde tension politique et ce chaos qui m’ont pris mon enfance. J’emmènerai cette blessure dans ma tombe. Je dis ça en tant qu’être humain, pas en tant qu’Ethiopien, ni Africain. C’est l’être humain qui parle et l’enfant que j’étais, qui a été séparé pendant près de 20 ans de la femme qui l’a aimé, qui l’a élevé, qui a fait de moi qui je suis aujourd’hui. À cause de cette tension politique et économique. Elle est encore présente. L’Ethiopie revient de loin et a fait beaucoup de progrès, c’est devenu un pays beaucoup plus stable. Mais nous devons toujours faire face à ce monstre qu’est la pauvreté, c’est notre plus gros problème.
 
J.A. La tolérance religieuse, même si elle est traitée en filigrane est aussi un thème fort.
Y.Z. Oui, le film parle de religions et montre que musulmans et chrétiens cohabitent en paix. J’ai un oncle qui s’appelle Mohammed, mais il est chrétien ! Son père est musulman, sa mère est chrétienne, et lui a choisi l’église. C’est très commun en Ethiopie. Notre plus gros problème, c’est vraiment la pauvreté. Nous essayons tous de la surmonter, individuellement et collectivement. Que ce soit dans les politiques publiques engagées par le gouvernement ou par le biais de la jeunesse qui continue inexorablement son exode. Les jeunes sont désespérés et rêvent tous d’émigrer vers l’Europe, l’Afrique du Sud ou le Golfe persique.
 
J.A. Cette pauvreté qui a marqué votre enfance est présente partout dans le film.
Y.Z. Cette pauvreté est encore là. C’est ce même marasme que j’ai laissé derrière moi quand j’étais enfant. Pourtant, je ne l’ai pas choisi cet exode. Ma famille m’a forcé à partir, moi je ne voulais pas. « L’Amérique ? Qu’est-ce que c’est ? Je ne veux pas partir moi, j’ai tous les gens que j’aime ici ! ». Mais je suis parti quand même. Seul. J’avais 10 ans. Alors dans le film, oui, je voulais tout montrer : le bon, le mauvais et le pire. La lutte contre le changement climatique, les limites du patriarcat, l’exode rural, le marasme économique. 85% de la population éthiopienne vit d’une agriculture de subsistance. Je ne parle pas d’Addis-Abeba qui doit compter 4 millions de personnes, mais de l’addition de toutes les petites villes et villages. L’Ethiopie est un pays d’agriculteurs, un pays de paysans. C’est pour ça que j’ai choisi de faire le film sur les campagnes, alors que je viens moi-même de la ville. Les Ethiopiens sont liés à la terre, irrémédiablement. Même les citadins sont liés à la terre, à la ferme. Cette année par exemple, il n’a pas assez plu en juin mais il a trop plu en août et c’est très mauvais pour les plantations. C’est ma famille qui me raconte ça. Comment savent-ils ça ? Ils vivent tous en ville, mais ils sont connectés à la terre, et sont constamment dans l’attente de la sécheresse. Nous sommes restés une société agraire.
 
J.A. Vos personnages féminins sont puissants et semblent porter l’histoire.
Y.Z. Ces sujets me passionnent et je voulais absolument que le sujet soit évoqué dans le film. C’est surtout le personnage de Tsion qui porte ce message. Tsion ressemble à toutes ces femmes de ma famille qui vivent à la campagne, dans l’anonymat le plus complet et qui sont pourtant si brillantes. Elles sont juste coincées dans ce mode de vie rural et pauvre. Qu’auraient-elles pu devenir si elles en avaient eu les moyens ? Journalistes, ingénieures, docteures ? Finalement, je n’ai écrit que ce que j’ai vu et senti.
 
J.A. Lamb est donc porteur d’un formidable message d’espoir...
Y.Z. Oui c’est exactement ça. L’espoir. Mais laissons au public le soin de choisir le message qu’il veut en tirer. Pour moi, Ephraïm est ce messager, porteur d’espoir. J’ai l’espoir qu’il trouve sa place dans sa famille. L’espoir qu’il apprenne à grandir, que ses blessures ne l’abîment pas trop. L’espoir qu’il fasse sa vie, guidé par l’Espoir.





Entretien croisé de Laurent Lavolé et David Hurst
Producteurs


J.A. Pouvez-vous nous dire comment a débuté l’histoire de la production de Lamb ?
Laurent Lavolé J’ai rencontré Yared et Ama au Festival de Cannes en 2013. Ils avaient une première version du scénario, et on a tout de suite décidé de travailler ensemble. Yared et Ama ont monté une société de production à Addis-Abeba : Slum Kid Films, moi je pilotais la partie française de la production avec Gloria Films. Pendant un an, nous avons développé le scénario, pour arriver à une version définitive et commencer à réfléchir à la stratégie de production artistique, technique et financière. La question était surtout de déterminer comment mêler les talents africains et européens sur le film. C’est à ce moment que David a rejoint la production avec Dublin Films. Ensuite les coproductions avec l’Allemagne et la Norvège se sont mises en place.
David Hurst Fabrice, mon associé et moi, avons rencontré Laurent à Cannes en mai
2014, qui nous a ensuite envoyé le scénario définitif. Je suis tombé amoureux de l’histoire, j’avais très envie de m’engager sur un projet comme celui-là.
 
J.A. Qu’est ce qui a été déterminant dans votre choix de rejoindre la production de Lamb ?
L.L. La pulsion de départ, c’est vraiment la beauté du projet et sa singularité. J’ai eu un vrai coup de cœur pour Yared, et la première version du script était déjà très prometteuse, très belle. La rencontre avec lui a été déterminante, et j’ai immédiatement eu envie de travailler avec lui sur les 3 années à venir pour défendre son projet. Et puis il y avait la singularité de ce film à plusieurs niveaux. Une singularité culturelle d’abord. Le film vient d’un pays où il n’y a quasiment pas de cinéma : il y a eu à peu près 2 films éthiopiens sur les écrans internationaux sur les 20 dernières années. Cela voulait dire partir faire un film dans des endroits qui ont été très peu vus, très peu montrés. Et puis le projet présentait une singularité dans son genre même, qui lui aussi était une rareté. C’est un film qui s’adresse à la fois à un public cinéphile, amateur de cinéma du monde et avide de découvertes, mais qui peut attirer aussi un public familial et un public de jeunes. Les 9-12 ans sont une cible vraiment importante pour nous. Le film parle d’eux.
D.H. La beauté et la singularité du projet m’ont touché tout de suite. De mon côté, il y avait aussi l’envie d’embarquer sur une coproduction internationale. Nous en avions déjà eu un avant-goût avec notre participation sur Pasolini d’Abel Ferrara. Dublin Films est une jeune société de production, et pour nous c’était une formidable opportunité de pouvoir nous engager sur un projet de cette envergure. Nous avons appris beaucoup sur le montage d’une coproduction internationale et son fonctionnement. Laurent nous a intégrés dès le départ dans toutes les différentes étapes du film et c’est aussi pour ça que nous y sommes allés.
 
J.A. Le soutien de la Région Aquitaine a-t-il été déterminant ?
D.H. Quand on a décidé de s’engager sur le film, on a surtout réfléchi à comment on pouvait engager l’Aquitaine. On a vu avec Laurent comment une partie de l’équipe technique pouvait être aquitaine et on s’est mis d’accord pour que Dublin réalise le making of sur place. On a très vite aussi décidé de faire une partie de la post-production à Bordeaux. C’est comme ça qu’on a pu monter un dossier qui a été accepté par la Région après le processus d’instruction des aides sélectives aquitaines. Le tournage a eu lieu très peu de temps après et la chef décoratrice qui est bordelaise, est partie en Ethiopie pendant 5 semaines pour former une équipe là-bas. Après le tournage, Yared est venu faire le montage image à Bordeaux avec sa monteuse et une assistante monteuse bordelaise. Sans le soutien financier de la Région Aquitaine, nous n’aurions pas pu nous positionner sur le projet, c’est sûr. C’est fort de notre ancrage en Aquitaine et de la façon dont on a pu se mettre d’accord avec Laurent, que nous avons pu être dans l’aventure.
L.L. Le principe a été de ne pas faire une coproduction financière opportuniste, mais de jouer le jeu de l’implantation du film en région, même si le tournage se ferait à l’autre bout du monde, et de réussir pleinement cette intégration. Le soutien de la Région Aquitaine a été un véritable catalyseur pour le film tant sur le développement artistique et technique, que sur la possibilité d’une belle visibilité avec la venue de Yared à Bordeaux, et l’organisation d’un weekend du cinéma africain à l’Utopia.
 
J.A. Comment avez-vous prévu le parcours de Lamb ?
L.L. L’idée était d’être prêts pour Cannes avec l’espoir d’être sélectionnés. La stratégie était de démarrer dans un grand festival pour poursuivre sur d’autres festivals internationaux, tout en travaillant en parallèle la sortie du film dans les pays coproducteurs. Le film a été sélectionné à Cannes, puis à Toronto, qui est la plateforme idéale pour une visibilité à l’international. Il se passe exactement ce qu’on espérait. C’est un film qui a à la fois cette capacité d’aller dans les plus grands festivals et qui a des arguments assez simples et directs pour toucher le public en salle. Personnellement, j’espère qu’on réussira à toucher le spectre de ces deux publics dont je parlais : la curiosité d’un public cinéphile qui aime le cinéma d’ailleurs et une part du grand public.
D.H. Je suis très confiant. J’ai eu l’occasion d’être présent dans deux salles de projection : la première fois à Cannes, puis au Festival de Contis où le public était essentiellement composé de jeunes ados. Les deux salles ont répondu de façon très enthousiaste et avec beaucoup d’émotion. C’était très fort à observer et à vivre.





Entretien croisé avec Laurence Brenguier
Chef décoratrice


J.A. Comment avez-vous rejoint l’équipe de Lamb ?
Laurence Brenguier J’ai rejoint le projet par le biais du soutien de la Région Aquitaine. David Hurst m’a proposée comme technicienne d’Aquitaine. J’ai rencontré les producteurs Laurent et Ama qui étaient à l’origine du projet, et on s’est très vite entendus. Je leur ai rapidement proposé des maquettes de la hutte familiale, dans laquelle se déroule la plus grande partie du film. Je leur ai proposé de construire la hutte sur place, en Ethiopie, et d’adapter les techniques traditionnelles aux besoins du tournage.
 
J.A. Racontez-nous le défi que cette hutte a représenté.
L.L. Il fallait concevoir une hutte qui soit suffisamment grande pour permettre tous les angles de vue possibles. Je savais que toute mon équipe serait éthiopienne et que je devrais former les ouvriers sur place. Ils n’avaient jamais fait de film donc ils n’avaient aucune expérience de studio. J’ai proposé de partir sur une construction traditionnelle en terre et en paille, et d’y rajouter une dimension mobile, avec des panneaux amovibles pour les besoins du plateau. J’ai donc conçu une maquette en terre avec mon assistante à Paris, et je suis partie toute seule là-bas, à la rencontre de mon équipe éthiopienne.
 
J.A. Comment avez-vous constitué votre équipe sur place ?
L.L. La production avait embauché un artiste éthiopien qui m’attendait sur place, mais il n’avait fait qu’un seul film et n’avait aucune notion de construction d’un plateau. Il est parti à la recherche de bons constructeurs dans la région, puis nous avons commencé à travailler à partir de mes plans. Le problème c’est que les ouvriers ne savaient pas les lire. Je devais être là tous les jours pour superviser les travaux. Il fallait que je leur dise où était la porte, à quelle hauteur, à quel endroit mettre la fenêtre, etc. Je leur ai appris les rouages d’un plateau !
 
J.A. Vous avez certainement aussi beaucoup appris de votre équipe éthiopienne…
L.L. Ce qui est fascinant, c’est qu’ils travaillent avec un seul outil avec lequel ils font absolument tout. C’est un bout de métal coincé dans un bout de bois, un outil tellement rudimentaire qu’il pourrait dater de l’époque biblique. Leur façon de redresser les bois par exemple est incroyable. Quand ils ont des bois tordus, ils les coupent, mettent des petites cales pour les redresser, c’est drôle… mais ça marche ! Ça a été une vraie leçon pour moi : comment se débrouiller avec les moyens du bord ! De mon côté, je suis partie seule avec tout mon attirail de peinture. Et j’ai eu un mal fou pour trouver le liant qui allait mélanger mes pigments. J’ai fini par téléphoner à mon chef peintre qui m’a dit de faire chauffer de l’eau de riz : apparemment l’eau de riz est un bon liant. Alors j’ai demandé aux villageois de me cuire un peu de riz pour récupérer l’eau. Alors dans l’ensemble oui, ça a été une aventure incroyable, avec un vrai échange de procédés. Nous nous sommes nourris les uns les autres.

A retrouver sur le site d'Écla.

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  • Synopsis
    Ephraïm est un jeune garçon éthiopien, toujours accompagné de son inséparable brebis. Confié à des parents éloignés, il s’adapte mal à sa nouvelle vie. Un jour, son oncle lui annonce qu’il devra sacrifier sa brebis pour le prochain repas de fête. Mais Ephraïm est prêt à tout pour sauver sa seule amie et rentrer chez lui.
  • Sélections en Festival
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