En vue 2019

25 04 2019

IGS-CP, un demi-siècle d’innovation au service de l’édition

Propos recueillis par Emmanuelle Lavoix


IGS-CP, un demi-siècle d’innovation au service de l’édition

Photo : IGS-CP

Entreprise de traitement du texte et de l'image spécialisée dans l'édition, la photogravure et les techniques du prépresse au service des éditeurs créée il y a 50 ans près d'Angoulême, IGS-CP n'a pas cessé de s'adapter et d'expérimenter, notamment dans le domaine de l'édition numérique. Cyril Béchemin, son directeur général adjoint, revient sur cette riche histoire que font vivre aujourd'hui 39 salariés hautement qualifiés.


La création d'IGS-CP (Ingénierie graphisme services) est-elle liée à son territoire d'implantation, la Charente, et l'industrie du Cognac ?

Oui, l’entreprise a été créée dans les années 1960 sur le secteur d’activité packaging avec une clicherie magnésium pour faire de la dorure et du gaufrage. L’activité existe toujours et emploie 17 personnes au sein d’une structure indépendante, Label gravure. C’est aujourd’hui l’une des plus grosses structures en France et les clients imprimeurs viennent de toutes les régions viticoles.

 
Comment l’entreprise a-t-elle mutée pour devenir aujourd’hui une référence du service de prépresse dans l’édition ?
 
IGS-CP est allée très tôt sur le marché du livre, en s’adaptant au fil des années à toutes les mutations technologiques, du montage manuel jusqu'à l’apparition de la PAO et maintenant la digitalisation des process. Nous avons acquis un savoir-faire en numérisation, traitement de l’image et mise en page et nous tentons d’apporter une plus-value par rapport à la concurrence étrangère. Nous avons rapidement travaillé avec des grosses maisons parisiennes qui sont toujours nos clients aujourd’hui : Gallimard, Albin Michel, Media Participation, Flammarion, la RMN et beaucoup d’autres. En région, nous travaillons principalement avec La Geste et FYP.

 

"Notre personnel a beaucoup d’expérience, certains salariés ont connu le plomb et le montage manuel."


 
Les services d’IGS-CP sont-ils essentiellement destinés aux éditeurs ?
 
90% du chiffre d’affaires est réalisé avec des maisons d’édition. Notre mission est de mettre en forme les contenus (texte et image) envoyés par les éditeurs pour qu’ils soient imprimables dans les meilleures conditions. Le fichier que nous remettons à l’imprimeur doit être parfait. Nous traitons autant de livres noirs et que de livres couleur et nous sommes autant reconnus comme photograveur que comme compositeur. Nous avons un vrai savoir-faire dans les deux métiers. Notre personnel a beaucoup d’expérience, certains salariés ont connu le plomb et le montage manuel. Nous avons cette passion du travail artisanal et nous sommes très vigilants sur la qualité.

 
IGS-CP a été pionnière dans le domaine du numérique en réalisant des livres numériques emblématiques pour Albin Michel et Bayard. Poursuivez-vous des expérimentations dans le domaine du numérique ?
 
Nous avons fait des paris audacieux avec l’ePub enrichi dans un marché trop peu mature. Les éditeurs avec lesquels nous travaillons n’ont pas obtenu les retours escomptés et ont réduit leurs investissements. Nous faisons toujours de la R&D. Le sujet du moment est l’accessibilité. Nous avons développé les outils en interne depuis 2008 que nous faisons évoluer. Par ailleurs, nous poursuivons la production de manuels scolaires numériques enrichis. C’est un énorme travail. Tous les nouveaux programmes doivent être disponibles en papier et en numérique.

 

"Nous croyons très fort au livre. Nous souhaitons sauvegarder les emplois sur le territoire et impulser une vraie dynamique locale."


 
Avez-vous des propositions de services pour des éditeurs indépendants ?
 
Nous pouvons accompagner ces éditeurs sur toutes les étapes de production. Nous proposons également un service de relecture et la correction. Ils sont très attentifs à l’objet livre. Ils prennent extrêmement soin de leurs nouveautés, certains viennent nous voir pour du scan ou de l’épreuvage. Pour répondre à leur demande d’exigence de qualité, nous sommes également agréés FOGRA, une norme d’impression. La tendance actuelle est aux papiers de plus en plus blancs grâce à l’ajout d’azurants optiques. Sur les papiers offset, cela peut générer d’importantes différences de chromie.

 
Avez-vous d’autres axes de développement ?
 
Oui, sur deux nouveaux marchés. Celui de la digigraphie1, qui s’apparente à de la lithographie numérique. On peut reproduire très fidèlement des œuvres, en tirage limité numéroté, sur des papiers très qualitatifs avec une garantie de durée de vie de 60 ans minimum et ce dans de très nombreux formats. Cette offre peut intéresser un auteur qui souhaite commercialiser des reproductions de ses œuvres, un éditeur pour monter une exposition. La technique est largement utilisée en photo où il existe déjà un marché. C’est un axe de diversification qui doit nous permettre de toucher une clientèle plus locale, notamment des musées et des artistes.

 
Quel est le deuxième marché en développement ?

Nous sommes devenus imprimeurs numériques. Nous avons investi dans une presse numérique, avec l’objectif de faire des petits tirages, comme des livrets promotionnels et des catalogues. Nous pouvons maintenant offrir un service complet à nos clients. Nous continuons d’imaginer de nouveaux projets, d’upgrader les process de travail et les machines en préservant nos savoirs faire, de pousser toujours plus loin la qualité, avec des petites séries, des tirages d’art. Nous croyons très fort au livre. Nous souhaitons sauvegarder les emplois sur le territoire et impulser une vraie dynamique locale. La prochaine étape sera, nous l’espérons, d’intégrer le programme Usines du futur.


IGS-CP sur le web : igs-cp.fr

 
1 La digigraphie est un procédé de reproduction numérique d’une œuvre d’art réalisée sur une imprimante jet d’encre Epson : http://www.digigraphie.com/fr/la-digigraphie-expliquee/index.htm