Entretiens > Au Chalet Mauriac 2014

21 11 2014

Derrière la dune...

Nathalie André


Derrière la dune...

© Mélanie Gribinski – Écla Aquitaine

Auteur et réalisateur Israélien, Yossi Aviram vient de terminer son premier long-métrage de fiction, La Dune, sorti en France en août 2014. Récompensé par deux prix dont celui du meilleur premier film au festival international de film d’Haïfa, il a été tourné en Israël, à Paris et surtout en Aquitaine. Il revient dans la région, cette fois à Saint-Symphorien, au chalet Mauriac, du 20 au 30 octobre 2014, pour travailler l’écriture de son prochain long métrage, Il n’y a pas d’ombre.

Nathalie André – Vous êtes né et vivez en Israël et, pour La Dune, vous êtes venu filmer ici. Vous avez ainsi reçu le soutien de la région Aquitaine. Qu’est-ce qui a motivé le choix du Sud-Ouest de la France et donc de l’Aquitaine ?

Yossi Aviram – Pour les besoins du scénario, on a tourné dans le désert Israélien et à Paris. Mais je cherchais une dune et on l’a trouvée ici, sur la côte Atlantique, dans le courant d’Huchet. Ensuite on a trouvé les villages dont on avait besoin dans le Lot-et-Garonne, entre Agnac et Tonneins. On a été extrêmement bien reçu et soutenu et en découvrant la région, j’ai été séduit par les paysages.
Mon goût pour la France est arrivé très tôt. Dès le lycée, j’ai eu un professeur de cinéma qui était fou de La Nouvelle Vague. Alors pour moi, quand j’étais jeune, le cinéma, c’était la France. Après le service militaire, je suis venu quelques mois à Paris et puis après, en 1998, j’y suis revenu pour un échange culturel avec la Fémis à l’issu duquel j’ai fait un court métrage de fiction, Anna.
Et puis, avec ma femme, en 2000, on a fait un grand périple à vélo et on a appris le français, à l’ancienne, avec des cassettes audio. On les écoutait tous les soirs. Puis, j’ai vécu à Paris pendant un an et demi. Mais là où j’ai le plus progressé c’est quand j’ai fait un documentaire de 70 minutes, en français, sur un couple, Deux vieux garçons (2009). Pour le monter il a fallu apprendre encore plus. Et ensuite, il y a eu la rencontre avec Yaël Fogiel. Elle est israélienne, habite à Paris depuis 25 ans et codirige la maison de production Les films du Poisson . C’est avec elle que j’ai fait La Dune et c’est d’ailleurs la même maison qui va produire ce nouveau projet. Donc la France, ça c’est fait comme ça, petit à petit.

N. A. – Et donc Il n’y a pas d’ombre vous en êtes où ?

Y. A. – Ce projet, je l’écris avec Valeria Bruni Tedeschi. On a commencé à le développer il y a un an et demi. Là, on est entre la deuxième et la troisième version. Comme on a convenu que c’est moi qui écrit le scénario, je retravaille la structure et l’histoire. J’espère finir cette 3e version dans 15 jours ou 3 semaines. Après il faudra la faire traduire parce que j’écris en Hébreu, pas en français. Et ensuite, on va tout revoir ensemble.
Mais finalement le travail c’est surtout de lire, relire, réfléchir pour essayer de visualiser et réorganiser. Ce qui est très bien pour moi ici c’est la tranquillité et puis surtout la continuité... Quand l’équipe d’écla, après La Dune, m’a proposé de venir en résidence ici pour travailler ce projet, j’étais ravi. En Israël, après un film il n’existe pas d’aides ou de lieux pour développer un autre projet. Et le statut d’intermittent n’existe pas non plus. Il faut donc avoir toujours plusieurs projets en cours. L’équivalent du centre national du cinéma existe en Israël mais pour soutenir les films pas les cinéastes. À la fois, on ne peut pas non plus comparer les budgets du cinéma en France et en Israël.
En fait, je devais venir cet été mais il y avait la guerre en Israël alors je ne pouvais pas laisser ma famille pour venir ici. Ça a décalé à cette cession d’octobre mais finalement c’est parfait parce qu’entre temps, j’ai pu terminer Variantes bulgares, un documentaire qui va sortir prochainement.
En tout cas, ici, je peux travailler tous les jours sans coupure ; je peux être concentré. Même la nuit. Pour cette raison là, j’adore cette idée de résidence surtout qu’ici, pour moi qui aime courir, c’est magnifique.

N. A. – Vous pouvez nous dire quelques mots sur ce prochain film ?

Y. A. – C’est très délicat parce que tout peut encore changer... Mais pour l’instant, la trame est celle-ci : un homme kidnappe une femme dans le désert israélien. Écrivain et française, elle vient d’arriver dans le pays pour écrire sur un procès...

Entretien de Yossi Aviram réalisé par Nathalie André au chalet Mauriac le 22 octobre 2014.

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