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13 11 2014

Dans leur jeunesse, il y a du passé d’Elsa Oliarj-Inès à découvrir

Propos recueillis par Lise Gallitre


Dans leur jeunesse, il y a du passé d’Elsa Oliarj-Inès à découvrir

Le Mois du Film Documentaire est l’occasion pour le public de découvrir un genre cinématographique trop peu mis en valeur et l’opportunité pour certains jeunes réalisateurs de se faire connaître, de présenter leur travail. La jeune réalisatrice basque Elsa Oliarj-Inès fait partie de ceux-ci puisque son premier film, Dans leur jeunesse, il y a du passé, sera en tournée jusqu’au 22 novembre, dix projections aquitaines au cours desquelles elle participera afin d’échanger avec les spectateurs et expliquer sa démarche et son travail à propos de ce film documentaire où elle questionne les origines, les racines, l’attachement à la terre de ses aînés, ici le Pays Basque, la vallée de la Soule plus précisément. Avant son périple en région, conversation avec Elsa Oliarj-Inès.

Lise Gallitre – Comment est né ce premier film ?

E.O.-I. – En fait, ce film s’est fait à partir d’un autre projet que j’avais puisque mon questionnement initial se portait de manière plus large sur le choix du lieu de vie, le choix du métier, quelque-chose qui n’était pas nécessairement marqué d’un point de vue géographique. Quand j’ai commencé à écrire, à parler de mon travail, à échanger sur ce thème, je me suis rendue compte que chez moi, en Soule, on ne se posait pas la question, c’est quelque-chose qui va de soi, le lieu de vie est pour beaucoup le lieu où l’on est né et où sont nés nos ancêtres. C’est cette évidence qui m’a donnée envie de creuser cette idée, d’en faire un film.

L.G. –  C’était donc important pour vous cet ancrage régional ?

E.O.-I. – Sans m’en rendre compte oui ! C’est vrai que ce n’était pas mon projet initial mais, consciemment ou non, je me suis finalement vite retrouvée à me poser cette question de l’attachement à la terre de ses parents et de ses grands-parents. Je suis entre Paris et le Pays Basque et travaille aussi sur d’autres choses mais, à une échelle moindre que certains jeunes de mon âge qu’on peut voir dans mon documentaire, j’ai un lien très fort avec mes racines, avec ma région d’origine, c’est évident. Je me suis posée la question de la voix-off, la mienne, et j’ai choisi de la laisser, même si je suis partie pour faire mes études et vis aujourd’hui aussi à Paris, la terre de mes parents, de ma jeunesse m’est précieuse. La question de la transmission est très importante dans mes projets, dans mon travail, c’est un thème qui m’inspire beaucoup et de fait, c’est en filmant des gens de chez moi, vivant en Soule, que je peux en parler avec le plus de certitudes ou tout du moins de connaissances. D’ailleurs, en ce moment, je filme des enfants dans une cour de récréation d’une école… basque !

L.G. –  Pour Dans leur jeunesse, il y a du passé, comment avez-vous envisagé cette immersion au cœur de la jeunesse basque ?

E.O.-I. – Avant de commencer à filmer, j’avais ciblé quelques pistes de recherche : je voulais m’intéresser à cet attachement très fort, à ce mouvement global de retour à la terre de ses aînés en mettant en avant le poids des fêtes,  la transmission familiale et la question des intérêts communs autres que ce lien géographique. J’ai eu alors envie de partir d’une génération, la mienne, les 25-30 ans. On s’est retrouvés pour des repas, des retrouvailles comme à chaque fois qu’il y a quelque-chose à fêter, les 18 ans, les 20 ans, les 25 ans, ces moments quasi-rituels où on est heureux de se revoir, d’évoquer le passé. L’un des points les plus importants pour moi était de savoir, au-delà de la joie de se retrouver et de faire la fête ensemble, ce qu’on partageait d’autre que cet ancrage régional. Sans pouvoir tout expliquer, j’ai eu un début de réponse en visionnant les scènes filmées : se retrouver ensemble au même endroit nous touche, comme si ces moments défiaient le temps réel. C’est à la fois très lourd et très agréable et c’est ce que je souhaitais montrer, cette idée que pour beaucoup, rester ici, sans se poser la question, c’est comme ça, ça va de soi. Cette évidence m’intéressait, plus encore la difficulté de l’expliquer.

L.G. –  Le Mois du Film Documentaire, c’est une bonne vitrine pour un premier film ?

E.O.-I. – Oui, je suis ravie ! Voir mon film en tournée en Aquitaine, projeté dans des petites salles comme ça va être le cas, c’est une chose qui me semble très importante. Quand on vient d’une zone rurale comme moi, cette proximité avec le public, avec l’autre, a du sens. Je serai donc présente à chaque fois que Dans leur jeunesse, il y a du passé, sera présenté aux spectateurs pendant ce mois de novembre, impatiente d’en parler avec les gens présents. Ce premier projet est en fait mon travail de fin d’études (master professionnel réalisation de documentaire de création) et, après une diffusion à la télévision en avril dernier, le voir aujourd’hui présenté dans le cadre d’une manifestation comme le Mois du Film Documentaire, c’est une belle récompense oui.
 
Dansleurjeunesse

Dans leur jeunesse, il y a du passé
d’Elsa Oliarj-Inès, France 2013 / Zaradoc Films – Aldudarrak-bideo – France 3 Aquitaine. Avec le soutien de la Région Aquitaine et du département des Pyrénées-Atlantiques.

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  • Projections de Dans leur jeunesse, il y a du passé en Aquitaine
    Dans leur jeunesse, il y a du passé d'Elsa Oliarj-Inès sera diffusé les :
    > 13 novembre : à Léognan (20 h 30)
    > 14 novembre : à Castollonnès (20 h 30)
    > 17 novembre : à Le Buisson (20 h 30)
    > 18 novembre : à La Roche Chalais (21 h)
    > 19 novembre : à Saint-Aulaye (21 h)
    > 20 novembre : à Nontron (21 h)
    > 21 novembre : à Castets (20 h 30)
    > 22 novembre : à Bayonne (18 h 30)

    Détails sur :
    http://ecla.aquitaine.fr/Cinema-et-audiovisuel/Catalogues-des-oeuvres/Documentaire/Dans-leur-jeunesse-il-y-a-du-passe
  • Focus sur le Mois du film documentaire
    Dans la riche programmation du Mois du film documentaire, il faut souligner Kijima Stories de Laetitia Mikles (voir article par ailleurs), mais également Le Challat de Tunis de Kaouther Ben Hania et Sud Eau Nord Déplacer d’Antoine Boutet, deux films réalisés avec le soutien de la Région Aquitaine qui clôtureront ce Mois du Film Documentaire au cinéma « Les montreurs d’images » à Agen en présence d’Antoine Boutet et de Julie Paratian de Sister Productions qui a produit les deux films. Dans leur jeunesse, il y a du passé, premier film d’Elsa Oliarj-Inès, Jikoo, la chose espérée de Christophe Leroy et Adrien Camus ou encore Eugène Gabana le pétrolier de Jeanne Delafosse et Camille Plagnet seront autant de rendez-vous à ne pas manquer dans salles et médiathèques aquitaines ce mois-ci.  Le Mois du Film Documentaire, c’est aussi l’occasion de célébrer des grands noms, de revoir des films. Dans cette optique-là, un focus sera fait sur la cinéaste Agnès Varda, en partenariat avec l’Agence pour le Développement Régional du Cinéma : jusqu’au 27 novembre, Murs murs de la réalisatrice sera projeté dans dix cinémas aquitains, de Capbreton à La Réole en passant par Marmande, Sabres ou Saint-Médard-en-Jalles.

    Programme aquitain sur :
    http://ecla.aquitaine.fr/Cinema-et-audiovisuel/Actualites/Le-Mois-du-Film-Documentaire-plus-de-225-seances-en-Aquitaine