L’actu pro

07 05 2018

Cannes 2018 : "L’amour debout" de Michaël Dacheux, un film atypique sélectionné à l’ACID

Propos recueillis par Nicolas Rinaldi


Cannes 2018 :

Photo : "L’amour debout" de Michaël Dacheux, produit par Perspective Films et distribué par Épicentre Films

Sélectionné à l’ACID, L’amour debout est un film moderne, construit de manière atypique. Son réalisateur Michaël Dacheux, qui a résidé au Chalet Mauriac il y a trois ans pour écrire une première mouture finalement écartée, revient sur ce travail littéralement hors-norme.

 
 
Les cinéastes membres de l’ACID estiment que l’histoire de votre film « pourrait se dérouler dans un roman de Balzac », notamment les Illusions perdues. Partagez-vous cette dimension balzacienne ?
 
Je dois vous avouer que je ne suis pas un grand lecteur de Balzac. L’amour debout raconte l’histoire d’un couple qui se sépare et dont le jeune homme s’installe à Paris avec l’intention de faire des films. On retrouve effectivement l’idée de quitter sa province pour tenter sa chance dans la capitale. J’ai, en revanche, essayé de filmer de manière contemporaine et concrète, en montrant une expérience de vie que beaucoup de gens partagent aujourd’hui. Je ne voulais pas faire du film un produit littéraire, suranné, un peu réchauffé dans le XIX° siècle.
 
 
L’année dernière, les Entrevues de Belfort ont attribué à L’amour debout le Prix film en cours, saluant une manière indépendante de construire un film. Pouvez-vous revenir sur cette conception pour le moins atypique ?
 
J’avais commencé à écrire un film qui n’avait rien à voir avec celui que je présente aujourd’hui. Il avait le même titre et ses personnages, plus jeunes, évoluaient l’été dans un centre de vacances pour familles. C’était un huis-clos rassemblé dans un temps assez court, sur un mois. Ce film n’a pas pu se faire. Je me suis donc lancé dans un tournage de façon auto-produite – avec une société de production mais toujours sans financement.
 

"Nous avons ainsi tourné avec des complices."

 
Nous avons ainsi tourné avec des complices, des gens que je connaissais ou que j’ai rencontrés pour l’occasion. Ayant complètement réécrit l’histoire, devenue éclatée dans le temps et l’espace alors qu’elle était très confinée dans sa première version, le tournage s’est déroulé sur un an et raconte une histoire s’étalant sur cette même durée, de l’automne au début de l’été.
 
 
Qui sont ces « complices », cette « famille de cinéma », avec qui vous avez réalisé votre film ? Comment les avez-vous choisis ?
 
Parmi eux, il y avait des gens que je connaissais déjà, plus ou moins bien : des amis proches, des collègues, des personnes que j’ai rencontrées à l’occasion du film…
 
Tout s’est fait de manière très simple. Par exemple, je n’ai pas fait de casting à proprement parler. Il n’y avait pas cinq personnes qui attendaient dans un couloir pour décrocher un rôle. J’ai sollicité directement les personnes, souvent des recommandations d’amis, qui m’intéressaient et chacun a accepté. Les lieux de tournage me sont aussi familiers comme la Cinémathèque où je travaille, un collège à Ivry, des lieux où j’ai pu aller en week-end...

 

"Ce scénario final, que j’ai tourné, s’est fait de manière libre et, en même temps, fort du travail accompli avant."

 

L’amour debout a connu deux scenarii distincts. Qu’est-ce qui a rendu l’écriture de ce premier long métrage plus difficile que prévu ?
 
J’avais déposé un premier scénario, celui où l’action se déroule dans le centre de vacances, à la commission d’aides à l’écriture et le film ne les a pas obtenues. Donc ce scénario final, que j’ai tourné, s’est fait de manière libre. Et, en même temps, fort du travail accompli avant, notamment  avec Emmanuelle Jacob et François Prodromidès qui m’ont accompagné sur l’écriture du premier scénario.
 
D’une certaine manière, je me suis retrouvé plus mûr. Je connaissais déjà parfaitement les personnages et j’ai pu transposer sans grandes difficultés certaines situations. D’autant que je m’étais laissé la liberté d’écrire les dialogues de tournage en tournage. À partir d’une trame, j’ai écrit les dialogues, avec l’aide d’Isabelle Bourdon, avant chaque session de tournage.
 
 
Votre résidence d’écriture au Chalet Mauriac en 2015 a-t-elle influé sur l’oeuvre finale ?
 
Il est assez difficile de répondre à cette question étant donné que le film s'est énormément éloigné de ce qu'était son scénario en 2015. Mais je crois que chaque instant de la création a une influence sur l’œuvre finale. Même si, finalement, on aboutit à un résultat qui n’a que peu à voir, j’étais très bien au Chalet. Ce furent deux mois qui m’ont profondément nourri.

 

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    Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu ensemble leur première histoire d’amour. Désormais, chacun s’emploie, vaille que vaille, à construire sa vie d’adulte.
     
    • Réalisateur : Michaël Dacheux
    • Auteur : Michaël Dacheux
    • Producteur : Perspective Films
  • Plus d'informations sur la résidence de Michaël Dacheux au Chalet Mauriac