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19 03 2018

Atlantica, le Sud-Ouest avec curiosité

Par Mathilde Rimaud


Atlantica, le Sud-Ouest avec curiosité

Photo : Gaëlle Perret à Livre Paris 2018 - Mathilde Rimaud

Trois auteures, trois approches de la culture du Sud-Ouest. Ce dimanche après-midi, les éditions Atlantica ont offert au public du salon Livre Paris un condensé enthousiasmant des richesses néo-aquitaines.


Biographies, beaux-livres, littérature de terroir, Atlantica ne s’interdit aucun genre, à condition que la région soit au cœur des ouvrages. Parmi ses titres les plus connus, Le surf culture, Biarritz et la mode ou Jardins intérieurs du pays basque font référence. Forte de ce savoir-faire, la maison d’édition a remporté l’appel d’offre lancé par le Conseil régional pour réaliser un beau-livre sur la région : À la découverte de la Nouvelle-Aquitaine, inventaire sentimental et patrimonial paraîtra en avril 2018. Son approche encyclopédique, proposant témoignages, informations historiques, gastronomiques, littéraires, est une invitation à la découverte, grâce à une iconographie de plus de 500 dessins et photographies.

Ce projet emblématique trouve naturellement sa place dans ce catalogue où la rigueur scientifique n’empêche pas la réalisation de beaux objets. Le Style Gomez (Louis et Benjamin) d’Isabelle Saphore en est une illustration parfaite. Ce beau livre, élégant et riche en photos, s’appuie sur le travail de recherche mené par l’auteur en partenariat avec le Centre de documentation et d’archives d’architecture de la côte basque. Les plans et autres documents témoignant du travail mené par les deux frères dans l’entre-deux-guerres complètent le reportage photographique mené dans les villas choisies pour illustrer ce style néo-basque typique de la période. Isabelle Saphore partage sa passion du sujet avec les visiteurs du salon qui s’arrêtent à sa hauteur et repartent sensibilisés et décidés à faire plus attention à ces édifices lors de leur prochain passage sur la côte basque…

Sur la table d’à côté, Emmanuelle Debur signe Sigma 1965-1996, première rétrospective historique du mythique festival bordelais. Journaliste, l’auteur a mené plus de 40 entretiens et exploré le fonds Roger Lafosse déposé aux archives de Bordeaux métropole pour retracer cette histoire encore dans toutes les mémoires, vingt ans après. « Nous avons eu des articles dans Causeur ou La Scène », raconte Emmanuelle Debur, qui y voit la confirmation que le livre était attendu dans le milieu culturel.

 

"Pari gagnant, le projet enthousiasme l’éditeur qui y voit l’occasion de tester la réaction du public sur ce nouveau segment tout en restant en cohérence avec sa ligne éditoriale."



Autre table, autre genre. Une assiette de chocolat de Bayonne tentatrice à ses côtés, Gaëlle Perret attend de rencontrer des lecteurs plus jeunes. Treize chocolats s’adresse en effet à un public d’adolescents. Mis à part Manzana et Patxaran, une série de trois bande-dessinées, Atlantica ne s’était jusqu’à présent jamais risqué dans le secteur jeunesse. Mais il y a deux ans, lorsque Gaëlle rencontre Jean Le Gall (qui a repris Atlantica en 2012), elle apprécie sa façon de concevoir le métier et lui propose son manuscrit. Pari gagnant, le projet enthousiasme l’éditeur qui y voit l’occasion de tester la réaction du public sur ce nouveau segment tout en restant en cohérence avec sa ligne éditoriale. Car l’ancrage territorial est évident : Bayonne, longtemps première ville française du chocolat, a permis l’arrivée de ce dernier en France.

Gaëlle, installée près de Pau, avait déjà publié deux autres ouvrages documentaires sur les épices et le café. Pour le chocolat, elle a envie d’inscrire les références historiques et techniques en arrière-plan d’un vrai roman d’aventure : il s’agit avant tout de suivre les péripéties du jeune héros, à travers treize chapitres bâtis comme un feuilleton. « Au départ, je savais déjà qu’il y aurait ce petit voleur de chocolat, la scène initiale était déjà très claire en moi. Mais c’est en venant à Bayonne pour planter les décors, je suis tombée sur trois petits grands-pères assis sur leur banc, en train de chanter. J’ai décidé de les mettre dans l’histoire et à partir de là, tout le reste s’est décanté. » Une évidence qu’elle retrouvera dans les illustrations d’Aziz Thiam. « Je le connaissais déjà et je savais qu’il était fan de chocolat ! Il était emballé par le projet et quand il m’a montré les premières images de Joachim, le héros, c’était exactement ce que j’espérais, ça correspondait complètement à ce que j’avais dans la tête ! »

La fiction s’appuie sur un travail documentaire poussé, mené pendant plus de deux ans. D’emblée, l’auteur va rencontrer les chocolatiers : la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France suit le projet et devient partenaire. L’ouvrage est proposé en vente chez certains chocolatiers.

Très investie dans le projet, Gaëlle finalise une exposition tirée de l’ouvrage, qui sera proposée aux CDI et bibliothèques de lecture publique : reproduction d’illustrations, panneaux pédagogiques, le tout accompagné d’un carnet de dégustation que les participants pourront emporter chez eux pour continuer d’explorer l’univers du chocolat et de noter leurs impressions gustatives. Le livre est un élément d’un projet plus global porté en partenariat entre l’éditeur et l’auteur.
 
Architecture, histoire culturelle et gastronomique : les auteures invitées par Atlantica ce dimanche illustraient parfaitement sa démarche éditoriale et participaient pleinement à la valorisation de la région, avec bonne humeur et gourmandise…