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12 11 2014

15e édition du Mois du film documentaire en Aquitaine

Propos recueillis par Christophe Chauville


15e édition du Mois du film documentaire en Aquitaine

Le film documentaire est à la fête dans les cinémas et les médiathèques d’Aquitaine et d’ailleurs, en ce mois de novembre. Marianne Palesse, déléguée générale d’Images en bibliothèques évoque la 15e édition.

Christophe Chauville – Le Mois du film documentaire fête en 2014 sa 15e édition : quel a été le chemin parcouru, en termes de chiffres ?
 
Marianne Palesse – Ceux-ci sont très parlants : en quinze ans, le Mois du film documentaire est passé de 200 participants, lors de sa première édition, à plus de 2 000 aujourd’hui : 610 médiathèques, 334 salles de cinéma, des centaines d’associations, d’établissements éducatifs, de structures culturelles et sociales... Toutes les régions sont impliquées avec plus de 1 100 villes et communes. À l’international, trente-sept pays dans le monde participent à l’aventure.
Et les spectateurs sont toujours plus nombreux. En 2013, la manifestation a rassemblé 157 000 spectateurs. C’est une véritable réussite, qui touche des spectateurs de grandes ou de petites villes, jusqu’aux territoires les plus ruraux.
La coordination de l’événement rassemble elle-même de plus en plus de partenaires nationaux, régionaux et départementaux. En Aquitaine, le travail mené conjointement par Écla et l’ACPA (l’Association des cinémas de proximité en Aquitaine) a permis un développement très positif du Mois du film documentaire.
 
C.C. – Quels sont les principaux volets de la programmation de cette année ?
 
M.P. – Elle est riche et très diversifiée, puisque la manifestation repose sur le principe de liberté de programmation, auquel nous sommes très attachés. Il existe cette année près de 250 programmes thématiques élaborés par les participants, avec plus de 3 100 projections de quelques 1 655 films...
Beaucoup de programmes s’intéressent à des questions sociales, aux modes de vie, de consommation. On a repéré un grand nombre de projets autour des utopies et des révolutions, il s’agit vraisemblablement d’une préoccupation commune !
Des programmes thématiques portent sur la ville et l’urbanisme dans plusieurs régions de France. L’architecture et l’investissement de l’espace public sont des thèmes dont le cinéma sait se saisir. Par exemple en Aquitaine, la Bibliothèque universitaire de Bordeaux a élaboré un programme intitulé « Filmer la ville ».
Il y a également des rétrospectives et des hommages, notamment un cycle Agnès Varda qui circule sur tout le territoire, des rétrospectives Alain Cavalier, Frederick Wiseman... Cette année, un hommage particulier est également rendu à Jean Rouch, pour les dix ans de sa disparition.
Un autre point fort est le développement des séances jeune public. De nombreuses projections sont organisées pour des spectateurs dès l’âge de trois ans !
 
C.C. – Y a-t-il des événements particulièrement notables en Aquitaine ?
 
M.P. – Il y en a beaucoup ! L’Aquitaine est une région dynamique qui compte de nombreux participants, très impliqués et soucieux de faire découvrir le documentaire de création. 230 séances sont ainsi organisées dans la région. Ainsi, la Médiathèque d’Anglet reçoit Dominique Cabrera pour présenter son dernier film, Grandir, et d’autres réalisateurs autour de la thématique du bonheur. Le Cinéma Confluent à Aiguillon organise un événement sur l’Asie avec des films et un dîner participatif. La Médiathèque de Biarritz organise une programmation « Figures de migrants ». Le Cinéma Vog à Bazas a élaboré un programme thématique sur la ruralité avec trois films et des rencontres avec des cinéastes. La Médiathèque de Bayonne propose un programme sur le portrait. Il y aura aussi une grande programmation organisée dans plusieurs médiathèques sur le thème de Famille je vous filme, etc.
 
C.C. – Quelles sont les perspectives du Mois du film documentaire, qui s’appuie sur une formule de mutualisation ?
 
M.P. – L’événement a de beaux jours devant lui, nous sommes étonnés chaque année de voir qu’il se développe encore. Et l’intérêt du public est croissant, on le ressent fortement. Pour ce qui est de son organisation et de son modèle économique, ils font partie de l’originalité et de la réussite de cette manifestation de grande ampleur, qui s’organise de façon mutualisée, entre Images en bibliothèques, ses partenaires en régions et les structures participantes. Ce qui est nécessaire à sa viabilité.
Cependant, nous sommes confrontés aux difficultés économiques qui fragilisent le secteur de la culture, avec des diminutions budgétaires touchant la coordination de ce Mois. Chaque année se pose la question de coordonner la nouvelle édition avec un budget toujours plus restreint. La mutualisation et l’aide du réseau sont primordiaux. Par exemple, l’an passé nous avons été contraints de réduire certains coûts, mais avons pu acheminer nos supports de communication grâce à la mise en place de lieux relais dans chaque département. C’est très positif, mais il nous est impératif de trouver des moyens supplémentaires...
 
C.C. – L’association avec d’autres structures est-elle une voie possible ?
 
M.P. – Oui, cela permet de réaliser, grâce à un partage des coûts, des projets qui ne pourraient pas être imaginés pour une seule structure. Cette année nous avons organisé la circulation de documentaires animés, inédits en France, en partenariat avec l’Association française du cinéma d’animation (AFCA). Et l’an passé, nous avions organisé la tournée nationale de cinéastes africains venus spécialement en France pour l’occasion. Nous avons notamment accueilli le Burkinabé Simplice Ganou en partenariat avec Écla, pour présenter son film Bakoroman, produit en Aquitaine.
 
C.C. – Qu’en est-il de la gratuité emblématique de l’événement ?
 
M.P. – Pour le public, de nombreuses séances demeurent gratuites, notamment celles qui ont lieu dans les médiathèques. Les salles de cinéma, elles, appliquent leur propre tarification. La disparité des modes d’accès aux séances reflète la diversité des types de structures participantes, leur modèle économique et leur mode d’accès aux films (distribution commerciale ou diffusion non commerciale). Il est important que chacun puisse mener ses projets en fonction de ses propres problématiques, ce qui fait du Mois du film documentaire la base d’un réseau de partenaires pour la diffusion du documentaire sur le long terme, au-delà du mois de novembre.

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  • Le Mois du film documentaire en Aquitaine du 5 au 27 novembre
    Un mois de films, de découvertes, de proximité avec le public dans les cinémas et les médiathèques, voici les maîtres mots du Mois du Film Documentaire qui fête cette année sa 15e édition. Désormais un incontournable du mois de novembre, le Mois du Film Documentaire permet aux spectateurs de se familiariser avec un registre cinématographique qui demeure aujourd’hui assez peu visible sur les écrans. Grâce à la participation de nombreuses structures culturelles, salles de cinéma bien sûr mais aussi médiathèques et associations, la manifestation s’attache à favoriser les échanges interprofessionnels des acteurs de la diffusion et de l’action culturelle et cinématographique. Chaque lieu propose localement un ou plusieurs événements qui vient enrichir le programme : projections, focus, rétrospectives, rencontres avec les réalisateurs… Bergerac, Montignac, Bazas, Blaye, Bordeaux, Cadillac, Biscarosse, Sabres, Casteljaloux, Tonneins, Anglet, Oloron-Ste-Marie…  toute l’Aquitaine vivra ce mois-ci au rythme du Mois du Film Documentaire.

    Le Mois du Film Documentaire, jusqu’au 27 novembre dans toute l’Aquitaine, coordination régionale assurée par Écla aquitaine et l’ACPA/Association des cinémas de proximité en Aquitaine.

    Programme aquitain
    http://ecla.aquitaine.fr/Cinema-et-audiovisuel/Actualites/Le-Mois-du-Film-Documentaire-plus-de-225-seances-en-Aquitaine

    Le site du Mois du film documentaire
    http://www.moisdudoc.com